« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît» écrivait le célèbre Pascal dans ses Pensées. Mais il semblerait que le cœur des Canadiens est en chamade et qu’il manque de souffle. Selon la Fondation canadienne des maladies du cœur, une crise majeure s’annonce dans le traitement des maladies du cœur au pays; c’est ce que révèle un rapport publié cette semaine. D’après cette récente étude, notre système de santé, déjà lui-même aux soins intensifs, devra assumer un fardeau sans précédent de cas reliés aux maladies cardiaques. De nombreux facteurs et changements démographiques sont les causes majeures de cette crise anticipée.
Nous savons très bien que les maladies du cœur ont des répercussions majeures sur la vie de milliers de Canadiens et leurs familles. Le constat est assez facile à faire dans chacune de nos familles respectives. Au Canada, un décès sur trois est attribuable aux maladies cardiovasculaires. Imaginez, le quart des personnes âgées entre 45 et 64 ans est décédé d’une maladie cardiovasculaire. Rien n’est facile pour ceux dont le cœur sonne l’alerte; le cœur, c’est vital. L’émergence ou la réémergence de troubles anxieux et d’une dépression en lien avec les maladies cardiovasculaires peuvent influer sur la capacité d’adaptation et les résultats globaux sur le plan de la santé. Les maladies cardiovasculaires ont engendré au Canada des dépenses de 22,2 milliards de dollars en 2000 en coûts indirects. Imaginez, encore une fois, ce qu’ils seront en 2010 : astronomiques !
Saviez-vous que plus de 300 000 Canadiens vivent avec des séquelles d’un AVC ? Un AVC représente un fardeau très lourd pour les patients, leur famille, leurs soignants et le système de santé. Plus de la moitié des survivants d’un AVC ont besoin de services organisés de réadaptation. En 2007, 1,3 million de Canadiens (4,8 % de la population) ont déclaré vivre avec une maladie du cœur. La proportion était de 14,8 % chez les personnes âgées de 65 à 74 ans et s’élevait à 22,9 % chez les aînés âgés de 75 ans et plus. Entre 1996 et 2005, pas moins de 1 600 transplantations du cœur et 58 nouvelles interventions de transplantation ont été pratiquées au Canada.
La santé de son cœur est primordiale. Certes, nous ne choisissons pas notre cœur et son bagage génétique en naissant. Nous sommes toutefois responsables de la santé de celui-ci. Qui ne connaît pas les sept secrets de la longévité ? Ils sont simples, mais pas toujours faciles à respecter. Ne pas fumer, rester mince, faire de l’exercice, manger sain et contrôler son taux de cholestérol, sa glycémie et sa tension. Tout cela ne semble pas si compliqué, mais dans le quotidien de vie, plus sédentaire que jamais, nous n’arrivons plus à garder la forme et notre poids normal. L’obésité a connu une augmentation de 18% au pays. C’est énorme et on ne sait plus comment freiner ce fléau qui prend des proportions inégalées chez les jeunes générations. Les plus étonnantes données du rapport de la Fondation canadienne des maladies du cœur sont celles reliées à l’hypertension. Entre 1994 et 2005, les problèmes reliés à l’hypertension ont augmenté de 77%. C’est un signe assez évident d’une société marquée par le stress. Le rapport souligne des chiffres plutôt troublants à l’égard des jeunes. Plus de 250 000 jeunes âgés entre 20 et 30 ans souffrent d’hypertension, signe impensable il y a à peine une décennie. Pas très réjouissant ce fameux rapport !
Selon le Docteur Lloyod-Jones, membre de l’Association américaine de cardiologie, « les personnes qui ont une santé cardiovasculaire idéale sont celles qui répondent affirmativement aux sept questions suivantes :
1. Vous n’avez jamais fumé ou vous avez cessé depuis plus d’un an.
2. Votre indice de masse corporelle (IMC) est inférieur à 25;
3. Vous faites au moins 150 minutes d’exercice modéré ou
75 minutes d’exercice intensif par semaine;
4. Vous suivez au moins quatre de ces recommandations diététiques : cinq
Portions de fruits et légumes par jour, du poisson deux fois par semaine
au plus (100 g par portion); ne pas boire plus d’un litre de soda par
semaine; des céréales complètes trois fois par semaine ou plus (100g par
portion; et moins de 1,5g de sel par jour;
5. Votre taux de cholestérol total est inférieur à 2 g/l;
6. Votre pression sanguine est inférieure à 120/80;
7. Votre taux de glycémie à jeun est inférieur à 1 g/l. »
Comme vous vous en doutez, c’est la taille de la ceinture qu’il faut surveiller. Francis Carco disait : « Le cœur n’a pas de rides. Il n’a que des cicatrices. » Ce rapport de la Fondation canadienne des maladies du cœur nous alerte sur notre mode de vie et sachons qu’il n’est jamais trop tard pour changer nos habitudes. Allons, un petit coup de cœur!