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Fév
23
2010
Le téléphone qui sonne!

La planète est un grand village de plus en plus branché. Saviez-vous que près de 4,1 milliards de personnes ont un téléphone cellulaire? Oui, oui, vous avez bien lu. C’est plus de la moitié de la planète, rien de moins! Assez branché merci! Selon un rapport des Nations Unies, publié récemment, cette nouvelle technologie a fait un bond prodigieux au cours des cinq dernières années. Nous sommes bien loin de la chanson fort populaire de 1968 écrite par Nino Ferré: «Gaston... y a l' téléfon qui son et y a jamais person qui y répond». Le téléphone cellulaire est devenu un incontournable, il a changé nos vies et même nos comportements. Il est omniprésent et il sonne partout, partout et partout!

 

Il n’y a pas si longtemps, à peine dix ou quinze ans, le téléphone était encore ce bon vieil appareil fixe et fort usuel qu’on retrouvait sur un mur ou sur un guéridon. Depuis son apparition sur le marché vers 1877, le développement exponentiel de la téléphonie moderne dépasse les rêves les plus fous. Et ce n’est pas terminé! Notre légendaire Graham Bell en serait sans doute renversé! Selon l’Union internationale des télécommunications, une agence des Nations Unies, 61% des 6,7 milliards de citoyens dans le monde peuvent parler tout en marchant. C’est une première dans l’histoire de l’humanité. Qui aurait pu imaginer un jour marcher avec son téléphone accroché à la ceinture? Le cellulaire est devenu pour une grande majorité de ses usagers le prolongement du corps. Il a élargi même notre concept de liberté. À dire vrai, on ne peut s’en passer, mais à quel prix?

 

Dans son étude évolutive menée dans 154 pays, l’Union internationale des télécommunications mentionne que c’est surtout dans les pays en voie de développement que la téléphonie sans fil a connu une ascension fulgurante, principalement en Afrique et en Asie du Sud-Est. De plus, ces régions du monde sont à la fine pointe de la technologie, dépassant de loin celle des Amériques et de l’Europe. Il est assez évident que l’installation d’un réseau cellulaire est plus facile que celle d’un réseau filaire classique. Rapidité, efficacité, disponibilité sont au rendez-vous. C’est un immense progrès! En tapant quelques touches, vous pouvez contacter sans problème quelqu’un dans un coin reculé de l’Afrique sub-saharienne ou sur une île perdue de l’Asie. L’usage du téléphone cellulaire connaît aussi des excès, des abus et des questionnements!

 

Nous avons tous assisté chez nous au débat assez mouvementé sur la question de la sécurité au volant et l’usage des téléphones cellulaires. Selon des études sérieuses, l’utilisation d’un cellulaire portatif ou mains libres en conduisant multiplie par quatre le risque d’être impliqué dans une collision. Son usage nuit à la vision du conducteur, ralentit son temps de réaction et a une incidence sur la façon dont il réagit, et ce, particulièrement quand la circulation est dense. Depuis la mise en vigueur de la réglementation en juin 2008, de nombreux conducteurs québécois se montrent toujours récalcitrants à ranger leur appareil. Partout dans le monde, de nombreuses recherches se poursuivent sur l’usage permanent et abusif du cellulaire. Au Japon, le tiers des élèves de sixième année possèdent un téléphone cellulaire et 60% des élèves de 3e secondaire en possèdent un. Préoccupé de l’usage abusif du téléphone mobile par les jeunes, le gouvernement japonais a lancé un programme de sensibilisation afin de limiter l’usage du cellulaire devenu trop omniprésent dans la vie des jeunes à l’école.

 

Sur le plan médical, de nombreuses recherches sont en cours afin de mesurer l’impact du téléphone cellulaire sur la santé. En juin 2008, sous la direction du Dr David Servan-Schreiber, une vingtaine de scientifiques lançaient un appel à la prudence quant à son usage et proposaient même une dizaine de recommandations dans l’usage quotidien, en particulier pour les enfants de moins de douze ans et les femmes enceintes. Qui d’entre nous n’a pas été importuné par une sonnerie de cellulaire au restaurant, au cinéma ou lors d’une conversation avec un ami? Récemment, dans une salle bondée d’un édifice gouvernemental, j’attendais patiemment le moment du rendez-vous. Puis, plongé dans une lecture passionnante, le concert des sonneries téléphoniques a débuté. Tout un concert! Ce fut les rires, les conseils de mécanique, les emplettes à faire, le bébé qui pleurait et j’en passe. Je n’ai pu terminer paisiblement ma lecture tellement je rageais. Dites-moi, pourquoi les sonneries dans les lieux publics?

 

Beaucoup de gens ne le savent peut-être pas, mais il existe deux options très utiles sur un téléphone cellulaire : le mode vibration et le mode silencieux. Il me semble que le savoir-vivre en société et le respect s’appliquent aussi à l’usage du téléphone cellulaire. Dans un règlement à être adopté sous peu, la Société des Transports de l’Outaouais réagit à la présence de plus en plus envahissante – et souvent dérangeante – des téléphones cellulaires dans ses autobus. Son nouveau règlement proposera mesures et sanctions pour les usagers de cellulaire trop bruyants. C’est une question de gros bon sens et de savoir-vivre. La grande Gabrielle Roy avait-elle raison lorsqu’elle écrivait dans La rivière sans repos ces quelques mots: «La servitude. C’est ça le téléphone.»?

 

Vos commentaires :
Il y a trop de cellulaires! C'est devenu envahissant. On devrait limiter l'usaage dans les lieux publics.


Pierre-Luc Lemay

 

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