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Déc
22
2009
Eh glou, eh glou, eh glou...

Depuis deux semaines, le Québec est en fête! Les parties de bureau se succèdent à vive allure, les rires éclatent de partout, les magasins sont bondés comme jamais. Tout un prélude à ces grandes festivités de Noël. Les écoliers sont en vacances depuis vendredi dernier, au grand dam des parents. C’est le cas de le dire, le Québec fait une pause. Tout s’arrête ou presque dans beaucoup de milieux pour souligner la Noël. Mais pour célébrer quoi ou qui au juste? À cette question, les réponses sont des plus variées et parfois étonnantes. Au fond, les Québécois se rassemblent ici et là pour fêter, pour souligner ce temps privilégié de l’année où l’on prend le temps de se dire « Je t’aime » et où l’on s’échange des présents. D’ici le 25 décembre, plusieurs arriveront à Noël fatigués, épuisés, voire éméchés et n’auront peut-être même plus le goût de faire la fête!

 

Le temps des fêtes, c’est aussi le temps de « lever le coude, de prendre un coup » comme on dit chez nous. Nous l’entendrons cette fameuse chanson au cours du temps des fêtes : « Eh glou, eh glou, eh glou… Il est des nôtreeees – Il a bu son verre commeeee les autreeeees .» De l’alcool, il en coulera pas mal durant ces jours de festivités. La Société des Alcools du Québec roule à plein régime par les temps qui courent. Imaginez, la société d’État fait 20% de ses ventes annuelles durant la période des fêtes. Cette machine lucrative, monopole gouvernemental, engrangera en profit pas moins de 700 millions dans les coffres de l’État cette année. Plusieurs remettent d’ailleurs en question ce riche monopole étatique.

 

C’est en 1921 que naît cette société à la suite de diverses consultations populaires sur la prohibition au Canada. Après un référendum, tenu par le gouvernement du Québec en 1919, la plupart des Québécois votèrent en faveur de l’exclusion de la bière, du vin et du cidre de la Loi sur la prohibition. Le Québec sera le seul endroit, tant au Canada et aux États-Unis, où la prohibition n’est pas totale. Le Québec préférait donc la tempérance à l’abstinence. C’était la naissance de la Commission des liqueurs que l’on connaît aujourd’hui sous l’appellation Société des Alcools du Québec.

 

Cette société, forte de ses 414 succursales, offre aux Québécois quelques 6200 références de vins provenant de tous les pays du monde. Impressionnant, n’est-ce pas? Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Dans cette offre aux consommateurs de vins, c’est la France qui récolte la palme avec 62% des produits en vente sur les tablettes. C’est presque aussi un monopole que certains consommateurs et producteurs remettent en question ouvertement. Nous retrouvons aussi des vins italiens (22%), argentins (8,4%), espagnols (8,3%), américains (6,31%), australiens (6,19%), canadiens (5,49%) et des autres pays (9,81%). Quelle est la place des produits québécois sur les tablettes?

 

Qui aurait dit il y a à peine vingt ans que le Québec, avec son long et rigoureux hiver, deviendrait un producteur de vins fort respectable? Il fallait être un peu fou pour penser cela. Mais aujourd’hui, plus personne n’en doute et les Québécois peuvent même sillonner une magnifique route des vins dans la région des Cantons de l’Est, de la Montérégie. du Centre du Québec, de Lanaudière et des Basses Laurentides. Il y a plus de 80 vignobles au Québec qui produisent 274 vins d’excellente qualité. Il ne s’en vend pas moins de 1,5 million de bouteilles annuellement. C’est un produit du terroir qui, grâce au savoir ingénieux de nos viticulteurs, a atteint une notoriété recherchée. Les producteurs québécois ont su adapter avec brio des méthodes de culture de la vigne et des cépages qui diffèrent par leur capacité de résister au froid. Imaginez, certaines vignes cultivées au Québec peuvent résister à un froid pouvant atteindre les -38 degrés Celsius. Assez froid, merci!

 

Toutefois, l’on ne retrouve pas suffisamment de vins québécois sur les tablettes de la SAQ. Il s’en vend seulement 1% alors que 35% des vins ontariens sont vendus dans un réseau similaire en Ontario. Vous comprendrez aisément pourquoi nombreux sont ceux qui contestent le monopole en vigueur. C’est aussi une question de promotion des produits québécois. Saviez-vous que la marge de profit prise par la SAQ sur chaque bouteille est de 46,6%? Pas mal cher ce petit vin que l’on veut déguster en ces jours de fête et, bien entendu, de récession En ce temps de rencontres festives, on dit souvent que la modération a bien meilleur goût. C’est vrai plus que jamais! En fait, selon de nombreux spécialistes, la consommation d’alcool possède bien peu d’avantages en comparaison de nombreux risques qui lui sont attribués. C’est un fait et il n’est pas nécessaire ici d’en faire une large démonstration.

 

Bien que certains affirment que la consommation d’un verre de vin rouge par jour contribue à diminuer les risques de problèmes cardio-vasculaires, la consommation d’alcool, selon un large consensus médical, peut avoir de lourdes conséquences. Nous le savons tous, l’alcool est avant tout une source de calories vides. N’oublions pas, même les petits excès finissent par être dangereux, surtout s’ils sont fréquents. Une consommation modérée est donc toujours de rigueur en ces jours de festivités. Oui, le liquide dans son verre peut être rouge, doré ou blanc. Avec des bulles, des cerises ou des glaçons. L’alcool, mes amis, parlons-en sans modération. Bonnes festivités!

 

Vos commentaires :
Bel article. J'ai appris des choses sur la SAQ et sur les vignobles du Québec. Merci


Manuel Thibert
J'ai apprécié cet article. C'est vrai que le temps des fêtes peut nous amener à lever le coude un peu fort. Je suis émerveillé de ce que réaliser "L'Opération Nez Rouge".


Patrice Crevier
Vous abordez tous les sujets mon cher mondieur et toujours avec justesse. Je vous souhaite de prendre un peu de repos après tous ces articles. Vous êtes pas mal correct. Bravo!


Albert Bienvenue
Que de malheurs l'alcool a faite dans les familles du Québec. C'est indescriptible! Encore aujourd'hui des enfants souffrent à cause des effets de l'alcool. J'ai eu un père alccolique et il nous battait. C'est une dépendance terrible. On n'a pas à faire la promotion de quoi que ce soit dans ce domaine. La SAQ...je m'en SAQ!


Pierrette Moreau

 

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