À peine remis des festivités de la Noël que nous voilà plonger dans les préparatifs qui nous feront passer à une nouvelle décennie. L’année 2010 s’ouvre à nous tout de même sur un fond d’espoir! C’est l’heure des rappels historiques, des analyses bien fouillées, des rétrospectives en boucles, des bilans sophistiqués tous azimuts. Il y aura bien sûr au cours des prochaines heures des revues bien étoffées sur toutes les chaînes radiophoniques et télévisées, sans compter celles qui remplissent déjà à pleines pages nos quotidiens. La décennie qui s’achève restera sans contredit gravée profondément dans notre mémoire. Une décennie qui n’a pas été rose, loin de là. Dix années assez sombres somme toute qui ont ébranlé nos sécurités personnelles et nationales, interpellé nos fondements identitaires, fragilisé notre vivre ensemble!
Tout a débuté de façon tragique! Le monde a été secoué comme jamais par les attentats cauchemardesques du 11 septembre 2001. Après cette date fatidique, la planète n’a plus été la même. La plus grande puissance du monde venait d’être attaquée sur son propre terrain par une bande de terroristes reliée semble-t-il au réseau Al Qaïda. L’ombre d’une sorte de Zorro, toujours en cavale, du nom de Ben Laden en serait l’inspiration. L’un des plus grands symboles de la puissance américaine, le World Trade Center s’écroulait dramatiquement comme un château de cartes devant le monde entier incrédule. Nous revoyons tous aisément dans nos têtes ces avions percutant l’illustre gratte-ciel et la foule en panique sous des nuages épais de poussière de débris. Le monde a tremblé ce jour-là! Ce fut la naissance de la vaste coalition contre le terrorisme sous l’égide du mal-aimé George W. Bush qui a suscité tant d’amertumes.
Quels bourbiers que sont devenus l’Afghanistan et l’Irak. Dans la foulée des attentats du 11 septembre, les forces militaires de la coalition débarquèrent par milliers en Irak et en Afghanistan. Au nom d’une chasse intensive au terrorisme, prétendue légitime, d’innombrables vies humaines vont périr, souffrir; des milliers de personnes souffrent encore aujourd’hui de violences, de menaces, de famines, de tueries. Après quatre ans de guerre, les forces de la coalition n’ont jamais trouvé d’armes de destruction massive, non jamais! On ne peut passer sous silence la centaine de Canadiens, dont plusieurs Québécois, morts en terre hostile au prix d’une certaine liberté. Des interventions militaires sans précédents en Irak ont mis en péril la crédibilité de nos chefs d’État devant ces interventions outrancières et injustifiées. Décidemment, cette décennie était bien mal partie.
Ce n’était qu’un début puisque le tsunami dévastateur, touchant treize pays du pourtour de l’océan Indien, venait arracher la vie, le 26 décembre 2004, à plus de 226 000 personnes; une des catastrophes naturelles des plus meurtrières de l’histoire. Pour sa part, l’ouragan Katrina de 2005, l’un des plus puissants à s’abattre sur les États-Unis dans un rayon de 650 Kilomètres inonda littéralement la Nouvelle-Orléans. Cette décennie apporta son lot de cataclysmes qui fit monter aux barricades, et avec raison, les environnementalistes de tout acabit. L’environnement est devenu au cours de cette décennie un enjeu majeur de la planète; ce que semble toujours ignorer le gouvernement canadien. Nous le savons tous, le plus grand sommet jamais tenu sur cette question à Copenhague a accouché d’une souris. La terre surchauffe mes amis, elle est en danger et les émissions à effet de serre continuent de provoquer des changements climatiques.
Si les attaques du World Trade Center et le tsunami ont secoué quelque peu la planète, la débandage des marchés financiers ont plongé le monde dans une récession mondiale sans précédent dont on en sort à peine le bout du nez aujourd’hui. Jamais une crise n’aura ébranlé le monde depuis la Grande dépression de 1929. Et ce fut la parade des grands arnaqueurs de ce monde qui ont floué des milliers de petits investisseurs en offrant des intérêts mirobolants : Jones, Lacroix, Maldoff et j’en passe. Les escroqueries de tout genre et les grands patrons partis, avec des compensions plus que généreuses, ont scandalisé la population. À coup de milliards, les pays industrialisé ont tenté de colmater la brèche et de redresser une économie à bout de souffle, aux mains d’entreprises trop gourmandes dont le leitmotiv étaient le profil à tout prix et cela au détriment des consommateurs. Toutes les grandes entreprises ont été au bord du gouffre, certaines d’entre elles se sont écroulées avec des milliers et des milliers de mises à pied. Décidément, une décennie assez sombre!
Sur le plan politique, rien n’a été des plus reposants. Le Canada et Québec ont flirté à maintes reprises avec l’idée de renversement de pouvoir, mais Harper et Charest ont tenu la barre malgré des élections précipitées. Dans le monde, il y a eu plusieurs foyers de conflits et le retour à une certaine droite politique sur plusieurs continents fait craindre une hausse des tensions diplomatiques. La récente visite de Stephen Harper en Chine a toutefois permis d’assouplir une tension devenue insupportable entre le Canada et le géant chinois. Les explosions économique et démographique en Asie joueront, au cours de la prochaine décennie, un rôle déterminant sur des enjeux mondiaux cruciaux pour l’avenir du monde. Mais la terre continuera de tourner à vive allure avec des préoccupations de sécurité, d’environnement, d’économie, de politique mais aussi de santé. Les pays en voie de développement ont plus que souffert au cours des dix dernières années. Situation irréversible sans un appui solidaire et essentiel de la communauté internationale.
Cette décennie marquée par la morosité, voire la déprime, a fait naître tout de même un espoir. Il s’appelle Barack Obama; oui, un jeune Afro-américain, élu président des États-Unis d’Amérique le 4 novembre 2008, a changé radicalement la donne. Qui aurait pu deviner cela en plein cœur de la débâcle de nos voisins du Sud? Un vent d’espoir a soufflé sur le monde par les mots de ce jeune homme de couleur d’à peine 47 ans venu du fond de l’Illinois, « Yes, we can ». Une bouffée d’air frais qui, espérons-le, ouvrira une nouvelle décennie sous une ère de détente et de paix. Mais il en faudra du courage pour relever ce monde à la sortie de la présente décennie, bouleversante à souhait. René Ouvrard disait : « Le courage existe seulement où il y a du bon sens et non l’emportement irraisonné d’un moment. Dans un coup de tête, on ne peut accomplir une action d’éclat, mais le vrai courage exige de la patience et du renoncement. » À trois jours de 2010, du courage, je nous en souhaite plus que jamais!